Le bicéphalisme du trône en pays shabè : Le professeur John IGUE propose la révision de la constitution traditionnelle

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Le pays shabè depuis des siècles est confronté au problème d’alternance au trône royal. Depuis l’année 1738 où Yayi Oloukoyibi fils du redoutable chasseur Babaguidaï a pris le pouvoir en régnant sous le nom fort de Ola obè, le trône est partagé entre les descendants de Babaguidaï : Ifàa et Akikinju. Avant l’arrivée de la lignée de Babaguidaï au pouvoir, le trône royal avait été dirigé par la dynastie des Amouchou. Plus d’une dizaine de rois ont régné sur shabè et issus des Amouchou. Depuis la confiscation du pouvoir par une lignée, des combats de tout genre, et plusieurs machinations furent orchestrées par la dynastie des Amouchou pour reprendre le trône qu’elle aurait remis à la lignée de Babaguidaï sur des bases de clauses non respectées par les descendants de Babaguidaï. Cet état de chose n’a jamais favorisé la cohésion sociale dans le royaume. Les Amouchou n’ont jamais digéré la mainmise du pouvoir royal par la lignée de Babaguidaï. Pour rappel, la reconquête du trône par les Amouchou dont la principale figure pour lutter contre la lignée de Babaguidaï était Ajèran Ajinta, qui, avec le secours des autres pays a fait évincer le roi Obà Ôtèwa dans le palais shabè. Ce roi avait pris le pouvoir vers 1852 et a été assassiné en 1860.

Que faut-il faire ? Comment alors régler ces dissensions issues de la royauté ?

Le professeur John IGUE n’a jamais cessé de proposer des pistes de solutions pour encadrer la royauté dans le pays shabè. En effet, depuis 2005 où le pays intronisait le roi Adétutu en juillet 2005, la dynastie Amouchou a rompu son attente sans fin pour reprendre le pouvoir royal en intronisant leur roi venant de la dynastie des Amouchou. C’était le roi Oyédékpo Akinni Ola Wo Ougué, intronisé à la même aussi c’est-à-dire en 2005. Après lui, c’est Ola Amouchou Ojodu II qui est sur le trône actuellement.C’est ainsi le bicéphalisme du trône royal est né en pays shabè.Une partie du royaume est gérée par l’une et l’autre partie par l’autre. Ce qui ne favorise pas un climat de paix et de cohésion dans le pays. Dans une démarche de résolution du problème, l’ancien président Docteur Thomas Boni Yayi a entrepris une conciliation qui n’avait pas porté ses fruits.

Le professeur John IGUE lors du festival Odé ibilè édition 2023, a exprimé son amertume face à cette situation conflictuelle au niveau de la royauté à Savè. Il a mis en place un comité ah doc dont les principales figures sont : Charles Adimi et Fakambi Bankolé, pour faire des démarches préliminaires au niveau des deux lignées royales. Le comité a été mis sur pied le vendredi 26 mai 2023 pendant que se déroulait la conférence-débats dans le cadre de Odé ibilè édition 2023 dont le thème central était : contribution du patrimoine culturel au développement du pays shabè. Il suscitait déjà les prémices d’une solution dans ses écrits. »Dans la recherche d’une paix durable, s’impose à tous la nécessité d’une mise à jour des lois fondamentales qui règlent les conditions d’accession au pouvoir. Aucune constitution n’est figée au monde, d’où la naissance de plusieurs Républiques en France. » (Extrait de son ouvrage intitulé Les Sabè-Okpara : Aperçu historique, les éditions du Lares, Cotonou, décembre 2005).

Pour le professeur, il faut une révision de la constitution traditionnelle régissant la royauté en pays tchabè. Pour le reste, l’avenir nous édifiera.

Chester VIHOUEDELI

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